05 novembre 2008
Notre symbole, la croix de Venasque
La croix de Venasque, du nom de la ville de Venasque située en dessous de Carpentras et au pied du Mont Ventoux, est le blason de la Maison de Venasque (grande famille de nobles provençaux) qui porte ces armes depuis bien longtemps. Elle décore le tombeau de Geoffroy de Vénasque à l'abbaye de Sénanque (en dessous de Venasque) et est connue depuis la Libération de la Provence en 973 sous le nom de "croix des marquis de Provence". Emma de Venasque, la nièce de Guillaume 1er (qui libéra la Provence en 973), épousa le comte de Toulouse en 990 : par ce mariage, Emma apporta en dot une partie des terres du marquisat de Provence dont le futur Comtat Venaissin (les environs d'Orange) et sûrement son emblème, la croix de Venasque. Le dessin de la croix de Venasque est alors modifé et de cette transformation naîtra la "la croix de Toulouse" ou "croix occitane", utilisée par nos amis occitans (à l'ouest du Rhône) et bien différente de la croix de Venasque, croix provençale traditionnelle (utilisée à l'est du Rhône).
Ce modèle de croix se retrouve de partout en Provence et dans le Midi, jusqu'en Catalogne ou dans le Piémont au nord de l'Italie. D'origine païenne (grecque) puis chrétienne, elle est le symbole de 30 000 ans d'identité et de traditions européennes. Par conséquent, elle renvoie les jeunes Identitaires qui l'arborent fièrement à leur incontournable destin européen.
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04 novembre 2008
973 et la Libération de la Provence par Guillaume 1er

En 884, les Sarrasins font irruption dans le Golfe de Saint-Tropez et construisent leur repère dans les forêts du Fraxinet. Durablement installés, ils lancent des raids fréquents sur la Basse-Provence puis étendent leur zone de pillage à la Haute-Provence et enfin aux Alpes toutes entières. Ils saccagent les monastères, rasent des villages et barrent des routes. La "plaie provençale" devient alors une "gène internationale" (selon J-P Poly) quand les Sarrasins, constatant l'échec des Méridionaux à s'unir (notamment les Grecs et Hugues d'Arles), marchent jusqu'en Savoie. Sur le territoire de Marseille, les terres sont tellement ravagées que la famine se répand et décime la population ! Les populations fuient les campagnes dans un gigantesque mouvement de foule terrifiée et se réfugient derrière les murs fortifiés des villes, se croyant à l'abri. Mais en 940, Fréjus, que l'on prenait pour une "place forte", est ravagée à son tour...
Au 10ème siècle, c’est le roi Conrad, dit Conrad le Pacifique, qui règne sur ce qu'on appelle alors "le Royaume de Bourgogne-Provence". Ou plutôt qui fait mine de régner car il est bien incapable d’affirmer son autorité et fut à notre région ce que Louis XVI sera à la France : un roi faible qui ne se fait pas obéir de ses sujets. Le roi Conrad s’appuiera alors sur un système décentralisé de vicomtes gérant les différentes parties du territoires pour son compte… Jusqu’à ce qu’ils décident de gouverner la région dans leur seul intérêt. Face aux Sarrasins, le salut ne viendra donc pas du jeune et hésitant roi Conrad.
Juillet 972, les Sarrasins commettent une erreur qui va leur coûter très cher : l'enlèvement de l'abbé Maïeul de Cluny. Celui-ci fait l'objet d'un culte très fort dans toute la Provence, il est le conseiller privilégié d'Hugues Capet, duc puis Roi des Francs (940-996), il a aussi l'oreille de la cour du Roi de Germanie et intervient jusque dans le querelles privées de la famille impériale. On lui proposa de prendre la succession du pape Benoît VI à la mort de celui-ci mais il refusa, jugeant qu'il serait plus utile auprès de ses moines, de son abbaye et de son peuple. Dans un premier temps, les moines et l'aristocratie provençale vont payer la rançon exigée et les Sarrasins libèreront l'abbé.
Mais son enlèvement a soulevé un émoi populaire et une volonté d'en finir une fois pour toutes avec l'envahisseur, les Provençaux appellent alors le comte d'Avignon Guillaume 1er à lancer une guerre de libération contre les Sarrasins "au nom de Maïeul". Après avoir levé une armée qui comptera également des soldats du Bas-Dauphiné et de Nice, aidé de son frère Roubaud comte d'Arles et du maquis de Turin, Guillaume traque les Sarrasins et les écrase à la bataille de Tourtour en 973. Retranchés dans la forteresse de la Garde-Freinet (aujourd'hui dans l'agglomération de Draguignan), les Sarrasins sont chassés vers une forêt voisine, la forteresse est rasée et l'écrasante majorité des envahisseurs est tuée par les hommes de la coalition dirigée par Guillaume.
En plus d'une guerre de libération, c'est une guerre d'indépendance : c'est grâce à cette bataille décisive du Tourtour que les Sarrasins seront définitivement expulsés de Provence. Guillaume 1er, dit le Libérateur, surnommé le Grand, le Père de la Patrie, affirma sa volonté de résistance et restera dans les mémoires comme l'héroïque sauveur de la Provence. Guillaume devient alors marquis de la Provence arlésienne puis prince de toute la Provence qui devint une principauté indépendante. C'est de 973 que date, selon les historiens, la naissance de la "nation provençale", désormais en paix, prospère et rayonnante dans tout l'Occident puisque c'est dans notre beau pays que naîtront les troubadours (un poète et chanteur, durant le Moyen Âge, qui s'exprime en occitan) et l'amour courtois au XIIème siècle (l’amour profond et véritable que l’on retrouve entre un prétendant et sa dame selon des codes très précis) qui se feront connaître dans toute l'Europe.
Devenu très pieux à la fin de sa vie, Guillaume le Grand restitue de nombreux biens à l'Eglise, dont les anciens domaines de l'évêché de Fréjus et, en surplus, le village du Pujet. Il rendit également de nombreux et vastes domaines de Camargues au monastère Saint-Jean d'Arles. Enfin, en 993, il prend l'habit monastique, fait de généreuses offrandes à l'abbaye de Cluny et s'éteint entre les bras de Saint Maïeul, entouré de la multitude de ces fidèles sujets. Guillaume Le Libérateur, à l'image de Léonidas, roi de Sparte immortalisé par le film 300 (2007), était un souverain magnanime et généreux, très aimé de son peuple, il laisse un souvenir impérissable dans le coeur de tous les Provençaux et une leçon qui ne l'est pas moins : même lorsqu'on est qu'une poignée, rien n'est impossible quand on est soudé, qu'on a la foi et la rage de vaincre.
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